Phallus inversé

La représentation du vagin comme phallus inversé, que Marie-Christine Pouchelle découvre dans les écrits d’un chirurgien du Moyen Age, obéit aux mêmes oppositions fondamentales entre le positif et le négatif, l’endroit et l’envers, qui s’imposent dès que le principe masculin est posé en mesure de toute chose. Sachant ainsi que l’homme et la femme sont perçus comme deux variantes, supérieure et inférieure, de la même physiologie, on comprend que, jusqu’à la Renaissance, on ne dispose pas de terme anatomique pour décrire en détail le sexe de la femme que l’on se représente comme composé des mêmes organes que celui de l’homme, mais organisés autrement. Et aussi que, comme le montre Yvonne Knibiehler, les anatomistes du début du XIXè siècle (Virey notamment), prolongeant le discours des moralistes, tentent de trouver dans le corps de la femme la justification du statut social qu’ils lui assignent au nom des oppositions traditionnelles entre l’intérieur et l’extérieur, la sensibilité et la raison, la passivité et l’activité.

Pierre Bourdieu, La domination masculine

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