La divinité de l’ordre social

Apprendre à une petite fille à être « féminine », c’est s’assurer qu’elle grandira en étant « bien dans sa peau », arguait sur Facebook une clientèle de Petit Bateau lors des débats suscités par les bodies de la marque. Outre les craintes que fait naître la vision apocalyptique d’un monde où les femmes réussiraient à exister sans minauderies ni talons hauts, la principale raison de s’accrocher à la féminité conventionnelle semble tenir aux rigueurs actuelles de l’ordre social. Ce dernier apparaît comme une divinité qu’il s’agirait d’apaiser par diverses offrandes et manifestations d’allégeance, sous peine d’attirer sur soi tous les fléaux de l’époque : chômage, solitude, exclusion. Les concours de mini-miss permettent de préparer les candidates aux entretiens d’embauche, répètent les parents. Le monde qui attend ces fillettes a effectivement de quoi effrayer ; mais les y préparer en leur apprenant à évider leur personnalité, plutôt qu’à la renforcer, revient à devancer les maux qu’on prétend épargner.

Mona Chollet, Beauté fatale

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s