Et tes copines ?

Après quelques minutes de discussion…

Et avoir une relation ça serait pas ton truc ?

Quel genre de relation ?

Avoir un boyfriend par exemple

J’ai une vie amoureuse et sexuelle épanouie, tout va bien !

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La femme est le négatif

En effet, l’homme représente aujourd’hui le positif et le neutre, c’est-à-dire le mâle et l’être humain, tandis que la femme est seulement le négatif, la femelle. Chaque fois qu’elle se conduit en être humain, on déclare donc qu’elle s’identifie au mâle ; ses activités sportives, politiques, intellectuelles, son désir pour d’autres femmes sont interprétés comme une « protestation virile » ; on refuse de tenir compte des valeurs vers lesquelles elle se transcende, ce qui conduit évidemment à considérer qu’elle fait le choix inauthentique d’une attitude subjective. Le grand malentendu sur lequel repose ce système d’interprétations, c’est qu’on admet qu’il est naturel pour l’être humain femelle de faire de soi un femme féminine : il ne suffit pas d’être une hétérosexuelle, ni même une mère, pour réaliser cet idéal ; la « vraie femme » est un produit artificiel que la civilisation fabrique comme naguère on fabriquait des castras ; ses prétendus instincts de coquetterie, de docilité, lui sont insufflés comme à l’homme l’orgueil phallique ; il n’accepte pas toujours sa vocation virile ; elle a de bonnes raisons pour accepter moins docilement encore celle qui lui est assignée.

Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe

Degré de baisabilité

Bonjour Reloud de ce cote, Une tres bonne année 2016

Salut, ici Pomme ! Merci, bonne année également

je vis dans le 18eme , celib biensur sans enfants et toi ?
Peu de photos sur ton profil possible d en voir plus ?

Bien sûr ! Donne-moi ton adresse mail et je te fais parvenir mon catalogue de photos. Ça te permettra de mieux juger de mon degré de baisabilité !

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Refuser le corps féminin

« Difficilement réalisable », le « désir d’un corps éthéré » l’est encore plus pour les femmes, dont on a vu que la culture dominante les identifie et les assigne à la corporéité. « Si le corps c’est le mal, et si la femme c’est le corps, alors la femme c’est le mal », résume Susan Bordo. L’anorexique est ainsi prise, dit-elle, « entre transcendance mâle et déchéance femelle ». Portia de Rossi décrit l’interruption dans sa tête, alors qu’elle n’est encore qu’une gamine et qu’elle entame sa carrière de mannequin, d’une voix d’homme qui ne cessera plus, à partir de ce moment, de lui aboyer des ordres et des insultes, à la manière d’un instructeur militaire, dès qu’elle se « laissera aller » : un principe masculin, et pas sous sa forme la plus sympathique, a pris les commandes de son être. L’anorexique ne refuse pas seulement le corps : elle refuse le corps féminin. Elle ne veut à aucun prix devenir une « grosse vache » ou une « grosse truie ». Sa haine se porte plus particulièrement sur les parties de son anatomie liées à la féminité : ventre, seins, hanches. Ce qui est rejeté à travers ces attributs, c’est la figure maternelle, perçue comme à la fois trop puissante – quand il s’agit de sa propre mère – et trop faible, trop vulnérable – quand il s’agit des mères en général et de leur statut social, puisqu’elles sont autant méprisées qu’hypocritement glorifiées.

Mona Chollet, Beauté fatale

Le mensonge de la liberté de choix

Ce n’est pas seulement la diversité des couleurs de peau qui manque dans notre environnement culturel : ce sont aussi, tout simplement, les représentations de manières diverses d’être une femme. On retrouve ici le mensonge de la « liberté de choix » tant vantée : le discours de la publicité et de la presse féminine – y compris celle destinée aux adolescentes – pratique cette injonction paradoxale bien connue qui exige des lectrices qu’elles soient « elles-mêmes », qu’elles « trouvent leur propre style », tout en leur donnant le choix entre un éventail très restreint de panoplies, voire en multipliant les prescriptions autoritaires et extrêmement précises. Sur nos murs, sur nos écrans, dans les pages des magazines, un seul type de femme s’impose donc : le plus souvent blanche, certes, mais aussi jeune, mince, sexy, apprêtée. Ce modèle est-il aussi enviable que le prétendent ses promoteurs ?

Mona Chollet, Beauté fatale