Matraquage de la presse féminine

Aux critiques, les journalistes de la presse féminine ont coutume de rétorquer que « les lectrices ne sont pas idiotes » et qu’elles savent très bien faire la part des choses. Or l’intelligence n’a rien à faire dans la réception de ces discours, dont le propre est justement de la mettre en échec, de la contourner. Ils ont inévitablement un effet, car ils jouent sur des craintes et des failles très intimes, qu’ils ne cessent de titiller, d’entretenir : la peur de ne pas ou de ne plus être aimée, la peur d’être rejetée, le peur de vieillir dans une société qui semble ne concevoir les femmes que jeunes… En outre, les mots sont secondés par des légions d’images irréelles, encore plus redoutables qu’eux car elles se faufilent dans le cerveau à notre insu, précédant et déjouant toute réflexion, toute démarche critique. Il est à peu près impossible d’échapper à leur matraquage.

Mona Chollet, Beauté fatale

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